Le contracteur du FSB travaillait sur la désanonymisation de Tor.

Les hackers du collectif 0v1ru$ ont piraté le serveur d’une entreprise russe SyTech qui travaillait, entre autre, avec l’unité militaire N° 71330 considérée par certaines sources comme une unité du 16ème Département du FSB, s’occupant du renseignement d’origine électromagnétique (ROEM). Les documents ont révélé que la société russe effectuait un nombre de tâches pour cette agence de renseignement russe, héritière du KGB.

D’après le service russe de la BBC, en 2017 la société SyTech a déclaré 46 millions de roubles (environ 650 milles €), dont un revenu net à hauteur de 1,1 millions de roubles (15000 €). Parmi ses clients nous pouvons trouver la société russe de télécommunications RTKomm.ru, le Centre d’information et d’analyse du département judiciaire auprès de la Cour suprême de Russie, mais la majorité des projets non-publics ont été effectués avec l’unité militaire N° 71330.

L’un des projets menés par la société SyTech était le projet « Nautilus-C », qui avait dans le but de désanonymiser les utilisateurs du réseau Tor. Ce logiciel était développé par SyTech en 2012 pour l’Institut de recherche « Kvant », géré par le FSB. Le but était de récolter les données et de créer une base de donnée sur les utilisateurs qui utilisent souvent le navigateur Tor. Ce navigateur est souvent utilisé par ceux qui veulent naviguer sur Internet de façon anonyme, d’avoir accès aux sites bloqués ainsi qu’au contenu du « Dark web ».

D’ailleurs, il faut indiquer que le 11 juillet 2019 un nombre record d’utilisateurs russes de Tor a été enregistré. Au cours de 24h il y avait plus de 600000 utilisateurs russes, chiffre qui a dépassé celui des Etats-Unis et de l’Iran.

Un autre projet « Nautilus », mais cette fois-ci sans la lettre « C », devait se dérouler ou s’est déroulé dans les années 2009-2010 et avait pour but de collecter les données sur les utilisateurs des réseaux sociaux comme Facebook, MySpace et LinkedIn.

Dans les années 2013-2014 se déroulait le projet « Nagrada » (Récompense) dans le cadre duquel il fallait étudier « la possibilité du développement de logiciel afin de pénétrer et utiliser clandestinement les ressources des réseaux homologues et hybrides ». Ici nous entendons les réseaux Torrent ainsi que Jabber, OpenFT et ED2K.

Le projet « Mentor », commandité par l’unité militaire N° 71330, devait s’occuper de la surveillance de certains e-mails choisis par le commanditeur. D’après les documents dévoilés il s’est réalisé dans les années 2013-2014.

Le projet comme « Nadezhda » (Espoir) devait collecter et visualiser l’information concernant la connexion du Ru.net (segment russe de l’Internet) au réseaux global. Il a été commandité par la même unité militaire et les travaux ont été réalisés entre 2013 et 2014. D’ailleurs, cette année la Russie a mené des tests au cours desquels elle a déconnecté son segment national du reste de l’internet global.

Il faut rappeler, que le déni d’accès à son « espace informationnel », dont l’Internet, est l’une des tâches défensives à accomplir dans le cadre de la guerre de l’information. La loi du 01.05.2019 N° 90-ФЗ « Sur la modification de la loi fédérale sur les communications et la loi fédérale sur l’information, les technologies de l’information et la protection de l’information », autrement dit « Sur l’Internet souverain », entrera en vigueur le 1er novembre 2019 en Russie. Elle renforcera le contrôle sur le segment russe de l’Internet.

La collecte des données sur Internet de façon clandestine intéressait également l’unité militaire N° 71330 qui a commandé en 2015 une étude sur la création d’un tel logiciel connu comme le projet « Moskit » (Moustique).

Certains autres projets ont été également mentionnés, cependant les données les concernant n’ont pas été dévoilées. L’un de ces projets s’appelle « Hryvnia » qui fait référence à la monnaie nationale ukrainienne.