La Russie engagerait l’OTSC dans la guerre de l’information.

Hier, le 20 juin 2019, le vice ministre de la Défense russe, Andreï Kartapolov, a proposé de formuler une politique informationnelle unique pour tous les pays membres de l’OTSC (Organisation du traité de sécurité collective), bloc militaire sous l’égide de la Russie.

« Une attention particulière est accordée aujourd’hui aux questions de l’élaboration d’une politique informationnelle active et coordonnée des États membres de l’OTSC, au développement d’un espace informationnel commun, à la création d’un potentiel conjoint afin de contrer les menaces informationnelles. » – a-t-il déclaré au cours d’une table ronde dédiée au développement de la coopération en matière d’information et de communication dans l’espace de l’OTSC.

La Russie est un pays très avancé au niveau de la guerre de l’information et compte-tenu du fait que les pays de l’OTSC font partie, de facto, de l’espace informationnel russe, il est logique d’attendre de la part de Moscou des initiatives qui mettraient les ressources de ces pays post-soviétiques au service du Kremlin.

Bien évidemment, la rhétorique russe va dans le sens des actions hostiles étrangères dans l’espace informationnel russe. En soi, toute la politique de la défense et de la sécurité nationale russe tourne autour de l’idée que ce pays est toujours « menacé par l’Occident ». Les narratifs propulsés par les médias et les hommes politiques russes vont également dans le même sens.

La Russie n’est pas satisfaite de l’ordre mondial et cherche à s’affirmer, ainsi qu’à consolider ce qu’elle voit comme son espace, ou encore sa « zone d’influence légitime ». Dans l’optique de la guerre de l’information, il est primordial d’établir, voire sécuriser, son espace informationnel et d’obtenir plus de moyens afin d’influencer ce même espace dans le/s pays cible/s.