Définition de la guerre de l’information.

De plus en plus nous entendons parler de « fake news », de manipulation de l’information, de cyberattaques, d’espionnage, d’assassinat ou de tentatives d’assassinat (affaire Skripal, affaire Babtchenko) et de l’influence exercée par les puissances étrangères sur notre sol.

Il y a peu de médias qui n’ont pas évoqué la cyberguerre, surtout après les affaires de piratage des données et de rançongiciel comme « NotPetya » ou bien « WannaCry », voire encore une cyberattaque visant l’infrastructure énergétique, causant un « blackout » en Ukraine. Mais nous commençons aussi à prêter de plus en plus attention au domaine « informationnel ».

Alors que chaque pays tente d’exercer son influence au travers d’actions culturelles, médiatiques ou autres, aucun État, mis à part la Russie (voire la Chine), n’a développé de concept compréhensif de la guerre de l’information. Je pense que beaucoup d’entre vous ont entendu parler de la soi-disant « Doctrine Guerassimov », qui n’est pas une doctrine, mais c’est un sujet que j’aborderai dans mes notes à venir.

Cet article introductif n’a pas pour objectif d’exposer et de donner des exemples de l’application de ce concept, mais seulement de donner la définition de la guerre de l’information. D’ailleurs, le milieu universitaire russe n’a pas su donner jusqu’à ce jour une définition claire et nette de la guerre de l’information. Et je pense qu’il n’y rien d’étonnant car la guerre de l’information dans la pensée russe comprend beaucoup de choses et est assez vaste, qui comprend également la composante cyber.

Pour vous donner un exemple, je voudrais citer ci-dessous un morceau de l’article « The Battlefield on Your Laptop » qui explique bien que pour la Russie le cyber n’est qu’un outil de la guerre de l’information.

La Russie voit les capacités cyber comme un outil de la guerre de l’information, qui combine l’espionnage, le contre-espionnage, maskirovka*, la désinformation, la guerre électronique, l’affaiblissement des communications, la dégradation du support de navigation, la pression psychologique et la destruction des capacités informatiques de l’ennemi.

Donc, quelle définition utiliser ? Dans les documents officiels russes nous trouvons la définition « la confrontation informationnelle » pour décrire le conflit ayant lieu dans la sphère informationnelle. A titre d’exemple, nous pouvons le trouver dans la Doctrine de la sécurité informationnelle de la Russie (éditions 2000 et 2016).

Il est possible également entendre la définition « la lutte informationnelle », qui figure dans l’article du colonel et professeur russe Sergueï Komov paru en 1996. La « guerre informationnelle » se trouve également dans les textes russes. Est-ce que nous pouvons mettre un signe d’égalité entre ces définitions ?

En bref, j’ai une tendance à dire oui. Alors qu’il y a des nuances et nous allons les voir prochainement.

Avant de terminer, je voudrais vous donner la définition de la guerre de l’information que je préfère personnellement. Donc, la guerre de l’information c’est :Donc, quelle définition utiliser ? Dans les documents officiels russes nous trouvons la définition « la confrontation informationnelle » pour décrire le conflit ayant lieu dans la sphère informationnelle. A titre d’exemple, nous pouvons le trouver dans la Doctrine de la sécurité informationnelle de la Russie (éditions 2000 et 2016).

Il est possible également entendre la définition « la lutte informationnelle », qui figure dans l’article du colonel et professeur russe Sergueï Komov paru en 1996. La « guerre informationnelle » se trouve également dans les textes russes. Est-ce que nous pouvons mettre un signe d’égalité entre ces définitions ?

En bref, j’ai une tendance à dire oui. Alors qu’il y a des nuances et nous allons les voir prochainement.

Avant de terminer, je voudrais vous donner la définition de la guerre de l’information que je préfère personnellement. Donc, la guerre de l’information c’est :

La confrontation entre les États dans l’espace informationnel dans l’objectif d’endommager les systèmes, les processus et les ressources de l’information, les infrastructures critiques, les systèmes politiques, économiques et sociaux, et de mener un traitement psychologique massif de la population dans le but de déstabiliser la société et l’État.

Mais je suis persuadé que cette définition nécessite une précision, notamment trois choses importantes :

  1. Cette guerre informationnelle dure à la fois en temps de paix et en temps de guerre ;
  2. Elle s’applique aux États hostiles, neutres et amis ;
  3. Le but de déstabiliser la société et l’État n’est pas un but final.

*maskirovka – le concept russe assez large de la diversion militaire et la désinformation au niveau tactique et stratégique.