De la propagande.

Aujourd’hui nous parlons beaucoup de la guerre de l’information, de la désinformation, des « mesures actives » ainsi que d’autres activités non amicales, mais nous évoquons également la propagande.

Ce mot a souvent une connotation négative, cependant, jetons un œil sur la définition de la propagande donnée par le dictionnaire Larousse :

Action systématique exercée sur l’opinion pour lui faire accepter certaines idées ou doctrines, notamment dans le domaine politique ou social.

Edward Bernays, « le père de la propagande », soutenait qu’afin de définir si la propagande est quelque chose de bien ou de mauvais, il faut définir la cause qu’elle sert ainsi que l’authenticité de l’information.

La propagande prend son début dans la religion catholique, notamment au Vatican. D’après le Standard Dictionary, le terme « la propagande » signifiait une congrégation ou un collège de cardinaux « instituée en 1627 à Rome pour assister et surveiller les missions étrangères. » (regardez NB).

C’est en 1622 que le pape Grégoire XV a crée la Congrégation pour la propagation de la foi (Congregatio de Propaganda Fide) en publiant la Bulle Inscrutabili divinæ providentiæ. La tâche de cette institution, qui est connue depuis 1982 sous le nom « Congrégation pour l’évangélisation des peuples », a toujours été la transmission et la dissémination de la foi à travers le monde.

Mais ce n’est qu’en 1627 que le Pape Urbain VIII a fondé le Collège pontifical de la Propaganda Fide avec la Bulle Immortalis Dei Filius. Par ailleurs, si vous visitez Rome n’hésitez pas à emprunter la via di Propaganda qui vous mènera vers le palais di Propaganda Fide situé sur la piazza di Spagna.

Mais revenons à Edward Bernays. D’après lui, la propagande au sens moderne (fin des années 1920) désigne « un effort cohérent et de longue haleine pour susciter ou infléchir des événements dans l’objectif d’influencer les rapports du grand public avec une entreprise, une idée ou un groupe ».

Il faut ajouter que l’on peut distinguer trois types de propagande : blanche, grise et noire. Cependant, il existe des divergences dans la définition de ces termes, que nous n’allons pas examiner ici.

Nous pouvons facilement distinguer la propagande blanche parce que la source des messages est facilement identifiable (gouvernement, institution, etc.) et l’information est plutôt véridique. Elle est souvent associée aux relations publiques (RP), même s’il existe un débat sur ce sujet.

À son tour, la propagande grise se situe entre la propagande blanche et noire. Il est difficile de la distinguer avec un œil non expérimenté, car elle semble présenter des arguments légitimes sans agenda caché, cependant l’origine de l’information est difficile à identifier. Une source peut être occasionnellement mentionnée, mais souvent elle est difficilement vérifiable ou fausse. Ce type de propagande est la plus dangereuse dans l’ère de l’information, car l’utilisateur de réseaux sociaux ne passe pas beaucoup de temps à décortiquer ou vérifier l’information qu’il a pu lire dans les transports sur son smartphone.

La propagande noire est, à mon avis, moins dangereuse que la grise, car l’identité de la source des messages est toujours fausse, et l’information présentée est majoritairement fausse aussi.

Pour conclure, il est important d’indiquer que la propagande noire est de moins en moins utilisée, alors qu’un mélange entre la propagande blanche (des efforts officiels d’une puissance étrangère) et grise (les informations trompeuses disséminées à travers les réseaux sociaux) importent l’opinion publique et constituent une menace à la sécurité nationale. La propagande constitue une partie intégrale de la guerre de l’information.


NB. Cette citation a été tirée du livre « Propaganda: Comment manipuler l’opinion en démocratie » par Edward Bernays, ISBN : 978-2-35522-001-2. C’est une version française de l’ouvrage qui est initialement paru en 1928 sous le titre « Propaganda » aux éditions H. Liveright, New York.